Moyen-Age et Renaissance
A la recherche du "chaînon manquant"...
Au Moyen-Age, on est plus dubitatif : existent-ils vraiment ? Sont-ce des hommes ?
Le savant Albert le Grand (1206-1280), qui a lu ses classiques grecs et latins, voit en eux le chaînon manquant entre le singe et l’homme.
Presque plus aucun témoignage ne les mentionne, hormis la loufoque lettre du Prêtre Jean (XIIème s.) dont on connaît une centaine de versions…
Comme on les assimile, logiquement, à des monstres humains, ils sont très peu représentés dans l’art médiéval et roman, exceptions notables de la Cathédrale d'Autun (XIIème S.) et de la Basilique de Vézelay (idem).
Sur le tympan du narthex de Vézelay, des Pygmées s’aident d’échelles pour monter à cheval. A Autun, Ils combattent encore des grues.
Les Pygmées, qui avaient quitté les planches depuis Ovide (1), y remontent.
Notamment pour le bon plaisir du bon Roi Louis XIV (2).
Leur légende inspire les auteurs comiques des XVIIème et XVIIIème siècles, comme en témoigne un passage des Mémoires de Goldoni (voir).
A son tour, Swift s'en empare pour écrire ses Voyages de Gulliver (1726).
Supercherie scientifique
Les Pygmées inspirent même une des premières tentatives de supercherie scientifiques.
Ainsi ce savant anatomiste anglais, Tyson, à qui il fut montré en 1669 un squelette de chimpanzé en lieu et place de celui d’un homme, mais qui ne s’y trompa pas.
Deux voyageurs, Battel et Dapper, pensent les avoir rencontré, sans autre précision.
Cent ans plus tard, aux Lumières, le naturaliste Buffon les prend aussi pour des singes. Lumineux !
Mais les expéditions maritimes se cantonnent aux côtes et l’Afrique profonde reste alors, et jusqu’au XIXéme siècle, une terra incognita.
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(1) : Ovide, Métamorphoses, VI, 90
(2) « Les Pygmées » (1676), voir http://foires.net/play04.shtml
La suite : Le temps des colonies






