Discrimination sanitaire
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"NOUS SOIGNONS CEUX QUE LE MONDE OUBLIE" : quel beau slogan d'une grande association humanitaire française (commençant par un M) ! |
D'où notre ton souvent acerbe pour un véritable appel à l'aide.
Résultat
Les Pygmées ont de nos jours un « profil épidémiologique » désastreux, équivalent à celui des Grands Noirs des années 1950, c’est-à-dire nul, l'époque où l’Afrique n’avait pas encore été la cible des grandes campagnes mondiales de vaccination.
Pourquoi cette situation inique ???
- Discriminés socialement, les Pygmées le sont aussi médicalement.
· Miséreux et opprimé, le Pygmée n’ose pas fréquenter les rares centres de santé,
· Aucun programme de santé international, local, vertical ou humanitaire ne les concerne ni ne les atteint, ou presque.
« là où s’arrête la piste commence le pian »
Les Pygmées : des réservoirs à virus ignorés des ONG
Les Pygmées sont oubliés de tous, au point qu’un spécialiste mondiale du pian, horrible maladie défigurante et délabrante qui affecte particulièrement leurs enfants (que l’OMS tenta d’éradiquer lors de sa première campagne mondiale) en a même fait un adage resté célèbre : « là où s’arrête la piste commence le pian ».
En effet, bien après son éradication supposée, l’OMS observa peu à peu sa résurgence chez les grands Noirs d’Afrique centrale. Il fallut se rendre à l’évidence : on avait oublié de soigner les Pygmées des forêts !!!
Oubliés, à en devenir des réservoirs à virus pour leurs voisins bantous…
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A LIRE ABSOLUMENT |
Parmi la totalité des photos de cette rubrique, prises en 2006 et 2007, certaines qui se situent à un jet de souche d'une scierie (certifiée Ecofac) en témoignent. Consternant.
Soyons justes : au milieu de cette apathie planétaire, il a existé et il existe encore épisodiquement des programmes les concernant.
· Ainsi, les rares et sérieuses initiatives comme celles menées au nord Congo par TMC en 1995 et l’Unicef en 1999 (voir encore Histoire du pian),
· D’autres plus fréquentes, folkloriques, anecdotiques ou politiques, comme celle menée au riche Gabon déforesté qui, depuis 2005 (enfin !), a entrepris de vacciner...260 Pygmées d'un clan sédentarisé depuis…70 ans (sic), de leur procurer de la vitamine A et des moustiquaires imprégnées anti-paludisme. (Lire)
- Enfin et surtout, les éternelles et irremplacables religieuses qui, parfois, arrivent à les faire venir dans leurs dispensaires.
Ainsi, par exemple, en République Centrafricaine, les soeurs Spiritaines de Mbaiki ou les Soeurs de l'Alliance.
(voir à ce sujet le joli reportage en Centrafrique de Teddy Seguin, ou l'on voit même un Pygmée....musulman ! (2)
Pendant de temps, dans le Parc National de N’Doki-Nouabélé, au nord-Congo, frontalier de celui de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature, en République Centrafricaine, les gorilles argentés migrant dans les mêmes zones que les Pygmées sont régulièrement traités contre le pian, qui les affecte également.
Les Pygmées, eux, ne sont pas traités (1).
Pendant ce temps, le temps passe : pian, rougeole, noma, paludisme, tuberculose, et maintenant sida, sont les maladies dont ils souffrent le plus.
En silence, au fond des bois.
A LIRE :
(1) : La marginalisation sanitaire des Pygmées de la Likouala (Congo) , par G. Salomone et F.Taglioni
(2) : http://www.teddyseguin.com/dotclear/index.php?2008/03/11/3-la-communaute-pygmee-aka-dafrique-centrale-une-difficile-transition-vers-la-culture-globale
Oubliés de tous

La fréquentation des centres de santé
par les Pygmées
Il y a de quoi la perdre !
Si d’aventure, l’idée saugrenue lui vient à l’esprit de se présenter, avec toutes ses économies, à un des rares centres de santé de l’Afrique profonde, voici ce qui peut se passer :
« Quel que soit son rang d’arrivée dans un centre de santé, le Pygmée sera alors reçu en dernier (….) avec parfois des conséquences dramatiques. Ainsi en mars 2003, M. Boukongo Félix, un Pygmée de Ngoua II a perdu son fils âgé d’un an, décédé d’un paludisme parce que l’infirmier n’avait pas jugé utile de lui administrer les soins d’urgence, privilégiant les Bantous alors qu’il avait déjà perçu les frais de consultation » cite ainsi le rapport de l’OCDH de 2004.
Même le célèbre journal médical britannique The Lancet le constatait dans sa livraison de juin 2006 : « Peu de Pygmées se rendent dans les centres de santé car ils ne peuvent payer la consultation ou les médicaments, n’ont pas de papiers d’identité pour se déplacer ou obtenir gratuitement des médicaments auprès des hôpitaux, ou sont humiliés et victimes de stigmatisations. »
Le même The Lancet précisait, à propos du sida qui fait des ravages chez les Pygmées de RDC, que ces derniers ne pourraient être traités que si des « programmes spécifiques » leur étaient dédiés.
« Les Pygmées sont bons guérisseurs,
c’est pourquoi ils fréquentent rarement les centres de soins et les hôpitaux »
Gonflé, mais quid si c’est dit de façon sincère ? C’est pourtant ce que l’on entend souvent au Cameroun pour justifier leur désertion des centres de santé.
Les médecines traditionnelles sont, en fait, soit oubliées, soit inefficaces. Que fait la tradition contre la rougeole ou le sida ? Pour le pian, la poudre de bois de sapelli soulage. Mais lorsque l’abcès est trop purulent, l’enfant y applique de la braise, ou pose carrément son pied dessus.
Alors, la quiétude du campement est déchirée de longs cris, vite étouffés par l’épaisseur de la forêt.




